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Virée sur la Côte-Nord avec Air Tunilik

24 juin 2020

Virée sur la Côte-Nord

Sophie Dufresne, Vice-présidente Services aux membres, Aviateurs.Québec

 

Bonjour chers membres,

J'avais envie de vous partager mon trip de brousse effectué sur la Côte-Nord et dont je reviens tout juste.

Comme vous le savez, avec la cessation d’opérations d’Air Saguenay, l'ouverture sur le nord du Québec était compromise jusqu’à ce qu’Air Tunilik procède à l'acquisition de certaines de ces bases. 

J’ai eu l’incroyable chance d’accompagner Simon Contant dans l’ouverture des bases de Sept-Îles, Havre St-Pierre, Natashquan et Manic-5 et de rencontrer des gens qui font les légendes.

Partis de Laval le jeudi 18 juin nous avons fait un arrêt à la base de Baie-Comeau qui sert de quartier général administratif et de maintenance. Nous y avons rencontré une équipe formidable et le hangar d’avion le mieux rangé que j'ai pu voir. On aurait pu manger sur le plancher! Après avoir installé les logos d’Air Tunilik sur le Beaver FIUS, Simon Contant a fait une réunion de départ avec son équipe: le défi est grand de repartir le tout, mais il a la chance de compter sur des piliers.

 

Deuxième journée: direction Sept-Îles pour l'hydrobase du Lac des Rapides. Mon premier vrai contact avec la brousse où je rencontre des villégiateurs qui utilisent l'hydravion pour se rendre à leur camp. C’est aussi le premier contact avec la réalité du pilotage de brousse: il faut toujours être prêt à se dévier du plan d’origine et parfois, improviser. Dans notre cas, la microrafale de la veille a occasionné une panne de courant à l'hydrobase et ce matin, impossible de refueler sans électricité. Simon cherche une solution, tente de raviver une vieille pompe manuelle, sans succès et finira par le faire à l'ancienne: avec des bidons d'essence... Par le temps qu’il revienne, la météo s’est couverte et impossible de faire l’envolée. Les villégiateurs sont étonnamment de bonne humeur malgré l’imprévu et on échange des histoires de pêches et de camp un bon moment, sous un record de chaleur pour Sept-Îles : + 37 degrés. Finalement, l’électricité reviendra avant la bonne météo et les bidons feront une bonne réserve pour un autre imprévu.

 

 

 Nous quittons en après-midi pour Havre St-Pierre où une chute du mercure nous fait sortir veste et manteau. Incroyable de voir qu’en une petite heure de vol nous avons perdu plus de 20 degrés! L’hydrobase du Lac des Plaines à un Beaver et un Turbo-Otter. Jusqu’à présent c’est la base la plus récente et la mieux aménagée avec l’espace d’accueil-répartition, une cuisine et 2 chambres pour les pilotes. Simon en profite pour faire de la formation au répartiteur. Qui dit  jeune, dit technologie! Je suis très surprise de constater la bonne volonté de tous à passer à l’ère technologique : tout peut être fait à partir de la tablette : réservation, confirmation, paiement, météo, NOTAM, plan de vol, suivi de vol, etc.

 

 

 

Nous avons un mélange de clients : des villégiateurs et des autochtones. Je suis toujours émerveillée de les côtoyer, car ils sont tellement plus sympathiques que le portrait que les médias en dressent! Nous avons la chance d’accueillir le chef qui s’est déplacé pour cette ouverture. La météo collabore, contrairement à la veille et le pilote peut effectuer tous ses voyages sans encombre. Ici aussi, une belle équipe d’expérience!

 

Jour 3 nous amène de Havre St-Pierre jusqu’à Natashquan. Le Covid-19 nous avait laissé dans l’incertitude d’un hébergement pour nous et pourtant, nous y trouverons la plus coquette des auberges, l’Auberge La Cache.

 

À Natashquan nous faisons la rencontre d’une légende :  Denis LeBel, alias Bobat! Un personnage comme il ne s’en fait plus, Bobat compte une cinquantaine d’années d’expérience comme pilote de brousse!

Qui n’a pas une histoire ou un souvenir de Bobat? Nous avons eu le plaisir d’apprendre d’où venait sa légende de Bobat ainsi que de se faire appeler : sexy! Pour Bobat, tout le monde s’appelle sexy! Je ne vous dévoilerai pas l’origine de son surnom, car sa rencontre vaut vraiment le détour.

 

 

Nous gardons de Natashquan un accueil incroyable et une image d’une base très occupée, avec le Beaver C-GUJU et une impression d’être allé au bout du chemin de la Côte-Nord.

 

 À Natashquan, on vit en simplicité et en prévision. Quand on achète du Tylenol, on en achète plus qu’une bouteille, car la pharmacie la plus proche est au ‘’Havre’’, à 150 km! Mais pour avoir cette incroyable vue, des gens hyper accueillants et le bruit des vagues, j’y songerais!

 Nous sommes déjà rendus au jour 4 où nous devions filer vers Manic-5, mais où la météo nous en empêche. Nous rentrons donc sur Baie-Comeau avec l’idée d’un retour sur la Métropole par la suite. Mais hop, arrivés à Baie-Comeau une éclaircie nous permet finalement de filer sur Manic-5. Vous dire les paysages grandioses du Québec avec ses montagnes et ses lacs à couper le souffle! Et le barrage est à lui seul un monument dans tous les sens du terme.

 

 

À l’hydrobase de Manic 5 nous retrouvons FIUS que nous avions vu à Baie-Comeau. C’est vraiment une base très occupée : voilà plus de 2 jours que les avions sont cloués au sol et il y a beaucoup de villégiateurs en attente. Encore une fois, malgré les retards et imprévus, l’humeur est joyeuse. Mais comment pourrait-elle être autrement quand on a le sourire de Bernard Arsenault à l’accueil?

 

Nous observons toutefois un constat assez troublant : hormis une exception, les villégiateurs rencontrés sont tous âgés de plus de 60 ans, avec une large proportion entre 70 et 85 ans. Où est la relève québécoise? Le covid-19 a permis de prendre connaissance de cette réalité, autrement camouflée par l’arrivage d’Européens et d’États-Uniens, très nombreux à venir découvrir les régions plus exotiques du Québec et qui eux sont de tous âges.

Je me questionne à savoir pourquoi nous avons pratiquement une génération d’absents ? Ce sont nos trésors, nos régions, nos montagnes, lacs et rivières et pourtant à peine de jeunes pour les découvrir.

C’est pourquoi je vous lance cette mission : cet été, traînez un jeune de moins de 50 ans avec vous dans vos envolées, dans vos escapades, dans les pourvoiries et parcs. Il faut se réapproprier nos trésors et les faire découvrir! Dans l’intervalle j’espère vous avoir fait voyager un peu et vous inciter à votre tour à prendre la route des airs ou de terre pour vous réapproprier un peu du Québec!

Je remercie Simon Contant, d’Air Tunilik, de m’avoir invité à bord de sa tournée d’ouvertures de base.

                                                                                        

Source : Sophie Dufresne


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