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PLACE À NOS PIONNIERS ET NOS FONDATEURS Textes Michel Laporte, photos Claire Girouard et Patrice Lacaille Gilles Dionne
| Texte de Jean-François Bellemare
Après mon cours de pilote à Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean, j’ai commencé à faire de petits voyages d’avion à courte distance et, un jour, mon patron m’a demandé de monter à 150 milles au nord de Dolbeau,puis de descendre à Chibougamau. Ce vol de « tourisme » s’est transformé en carrière de pilote de brousse.
Gilles Dionne est du genre discret, comme le sont la plupart des vrais pilotes de brousse. Nous l’avons rejoint à sa maison de Mistassini, à 100 kilomètres au nord de Chibougamau. Il a accepté de nous ouvrir quelques chapitres du livre de sa vie. Gilles est né à Péribonka (au pays de Maria Chapdelaine), le 20 janvier 1946. Son père, Léo, était entrepreneur forestier. Sa mère, Georgette Bergeron, était une femme vaillante et dévouée, qui a élevé une famille de sept enfants. Alors que Gilles était relativement jeune, la famille s’est établie à Dolbeau, où il a fait ses études primaires et secondaires. Au cours de ces années, Gilles jouait au hockey et aimait faire des randonnées de motoneige. Il aimait également aller au cinéma. Puis, il a suivi un cours en mécanique automobile, camion et motoneige; il savait que ses connaissances allaient lui être utiles tôt ou tard. Gilles Dionne adorait la vie en plein air, les grands espaces, la nature. Il allait à la chasse et à la pêche. Il aurait aimé se rendre dans des endroits inaccessibles par la route. L’idée lui est alors venue de suivre un cours de pilote d’avion. Il avait 18 ans. Il a fait son baptême de l’air avec un de ses amis, Roger Gagnon, pilote de Norseman. Le vol a duré environ deux heures. L’aviation a alors commencé à devenir une véritable passion.
Gilles rêvait maintenant de piloter depuis quelques années. Il avait 21 ans et il a décidé d’en parler à son père. Ce dernier lui a répondu que, tant qu’à suivre un cours de pilote privé, aussi bien obtenir sa licence commerciale. Gilles avait toujours démontré du sérieux; il était tenace, déterminé,prudent et minutieux. Son père lui a offert de lui payer son cours de pilote privé, puis commercial, avec l’école de pilotage située à l’aéroport de Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean. Son instructeur était Jim Côté, un pilote commercial. Le 12 octobre 1967, il a obtenu sa licence commerciale et, quelques mois plus tard, son annotation sur flottes. Après son cours de pilote, Gilles a travaillé pour un concessionnaire Ski-Doo, lequel était également propriétaire de la Dolbeau Air Service avec Louis-René Perron, Jean- Simon Fortin et André Belzile. Jim Côté, qui avait été son instructeur pilote, travaillait également pour cette compagnie. Les propriétaires de la Dolbeau Air Service savaient que Gilles possédait son brevet de pilote commercial et lui ont confié des vols sur de courtes distances sur le Cessna 180.
Au cours des années suivantes, Gilles a volé sur Cessna, Beaver et Otter, un peu partout au nord de Chibougamau. Il a aussi été un témoin du développement de la Baie-James.
La vie d’un pilote de brousse est parsemée de moments merveilleux et, aussi, de mille difficultés. Gilles conserve surtout dans sa mémoire cette vie d’amour, dont le théâtre a été parsemé de couchers de soleil, d’aurores boréales, de visites impromptues de gens avec qui la famille a lié de belles amitiés. Lorsque vous lirez ces lignes, Gilles Dionne, pilote de brousse, sera quelque part, dans le ciel du Nord, aux commandes de son Otter, pour une autre mission. | | MAURICE CÔTÉ | Pilote depuis 1963, de la région de Saint-Hyacinthe, avec un J3 sur skis, qui n’avait pas compris qu’un exercice de circulation au sol, ça ne se fait pas à pleins gaz! C’est comme ça qu’il a fait son premier solo! C’est aussi le seul élève que je connaisse qui voyageait avec son avion de chez lui jusqu’à l’aéroport pour aller suivre ses cours de pilotage!! Pilote privé, pilote commercial pour Cargair sur le Beaver et le Norseman, il fonde Épandair, il vole sur des Ag-Cat et plus tard des Dromadaire. Vingt et un mille heures de vol plus tard, notre pionnier s’amuse aujourd’hui avec son Mooney.
| | RÉAL BRONSARD | 
Un vrai passionné d’aviation : il a été dessinateur, mécanicien, pilote. Il a été plus qu’un témoin de l’histoire de l’aviation en Mauricie, il en a été un acteur. À 18 ans, il est dessinateur technique et apprenti mécanicien pour la Canadian Pacific Air Lines, qui emploie des Dragon Rapide et des Norseman. Il apprend vite, il devient machiniste et ensuite s’occupe de la révision complète de la flotte. Mécanicien accompli, en 1948 il devient pilote (J3 avec des flottes en contreplaqué!). Il passe du J3 au Norseman. Pas encore satisfait, il devient instructeur et forme des pilotes pour l’Aéroclub du Saguenay à Jonquière. Avec Peter Scoch, il devient chef pilote et chef mécanicien. Il vole sept jours/semaine. À la fin de la guerre, il avait 18 ans. Nous sommes maintenant au milieu des années 60; notre invité revient en Mauricie comme mécanicien et pilote chargé des essais en vol pour la Laurentian Aircraft Overhaul and Sales, qui deviendra Bel Air Laurentien Aviation. En 1980, il devient inspecteur de la navigabilité pour Transports Canada où il travaille sur les gros-porteurs : DC-8, 727, 737. Dix ans plus tard, il prend une retraite bien méritée avec 16 000 heures de vol accumulées sur 44 modèles d’avions différents. Il lui reste un rêve à réaliser : donner son baptême de l’air à son petit-fils Éric. Un vrai pionnier
| | JEAN-PAUL LARIVIÈRE |
Encore tout vert à 75 ans, il est pilote depuis 35 ans. Dans la région de Sorel, on dit que c’est un modèle et une référence. C’est aussi une source d’inspiration pour plusieurs. Chasseur et pêcheur passionné, bâtisseur d’avions, bâtisseur de piste, il est le premier dans sa région avec un J3 sur flottes en 1969. Quatre mille sept cents heures de vol inscrites à son carnet, sept avions et une piste plus tard, tout le monde a survolé les installations de Saint-Ours. Et c’est pas fini… à peine a-t-il terminé de construire un Bushmaster sur flottes qu’il récidive : il travaille présentement à la construction d’un Citabria. | | ROLAND BRASSARD | 
Un gars de Latulipe, au Témiscamingue, né en 1929 et gérant d’hôtel à Sainte-Agathe rencontre souvent des pilotes, écoute leurs récits et " attrape la piqûre ". Il apprend à voler en 1960 et travaille chez Gagnon Air Service dès 1962. Il pilote du Beaver et du Norseman. Il a survolé le Québec pendant 32 ans, a fait le premier transport de passagers à LG-2. Tous les grands projets, il les a vus " lever de terre ". Chef pilote et gérant des opérations à Kuujjuaq pour Johnny May Air Service, c’est un médecin de Transports Canada qui tire le trait sur son " log book " après 20 000 heures de vol. Pas mal, me direz-vous… mais ce n’est que le début. François Guay, un ami depuis 40 ans, lui propose " une grosse job ". L’APBQ a besoin d’un pilote chevronné, familiarisé avec le Nord et surtout bénévole pour agir comme personne-ressource sur le HF 5275. Quatorze ans de bénévolat à temps plein. Vous savez tous, bien sûr, que je parle de Roland Brassard, Monsieur HF 5275. À l’écoute du matin au soir, tous les jours, Roland est le lien indispensable pour tous les pilotes. Conditions météo pas mal plus précises que le 1 866 GOMETEO (" Vol VFR non recommandé!! "), lien essentiel entre le pilote et sa famille ou son mécanicien, Il dépasse de loin le mandat que l’APBQ lui a confié. Depuis 14 ans, il donne son temps, partage son expertise et sa connaissance du territoire et n’hésite jamais à dépenser personnellement (non, l’association ne le rembourse pas) pour tous les frais que lui occasionne le fait de nous rendre service. | | Benoit Girard | |  L'histoire commence au début des années 60, quand on lui demande de donner un coup de main pour la réparation de flotteurs à M. Réal Bronsard, alors chef mécanicien chez Saguenay Air Service à Chicoutimi. Cela l'amène à y passer les trois saisons d'été suivantes. Ensuite, à l'automne 1963, il se joint à l'équipe de techniciens de Laurentide Aviation à Cartierville. C'est là qu'il suit la formation pour la licence de pilote privé et commercial. Il a également l'occasion de participer aux travaux d'entretien et de reconstruction de structures en plus de participer à l'opération " tordeuse des bourgeons " au Nouveau-Brunswick et à La Tuque au Québec. Mai 1966, avec sa licence commerciale en poche, il se rend à Chibougamau chez A. Fecteau Transport aérien pour y travailler comme mécanicien et pilote de brousse. Il a l'occasion de participer aux activités de l'entreprise : entretien, reconstruction, récupération d'aéronefs en difficulté, en plus de se rendre régulièrement aux bases secondaires pour y effectuer l'entretien et les inspections nécessaires sur les aéronefs de la compagnie. C'est là également qu'il obtient sa licence de T.E.A. En juillet 1970, il est embauché par le directeur du Collège de Chicoutimi comme chef mécanicien pour l'entretien des aéronefs et la mise en place d'un atelier de pilotage à l'aéroport de Saint-Honoré. Venu à l'essai pour quelques années, il y passera 31 ans. Il aura l'occasion de toucher à plusieurs nouvelles facettes du domaine de l'entretien, telles que la formation du personnel, la mise en place d'un atelier spécialisé pour l'entretien, l'organisation de la section entretien pour les hélicoptères, la surveillance et l'entretien des ateliers et des équipements de la base principale et secondaire. Mentionnons également tout le domaine relié à la structuration des systèmes et des moyens de suivi, aux manuels et à l'informatique des inspections et des composantes d'aéronefs. En juin 2001, il prend sa retraite du CQFA (Centre québécois de formation aéronautique). Il occupe son temps entre sa famille, son " camp " et le petit atelier de l'aéroport où il effectue certains travaux de réparation et de modification de structures. À l'automne 2002, il a eu l'honneur de recevoir le trophée Vachon remis par le comité du Symposium. | | GUY ROBERT |
En 1952, un journalier " ménage et fournaise " se rend travailler pour Aircraft Overhaul and Repair, alors la propriété de Jarvis et Sawyer. Vous vous doutez bien que ce n'est pas long avant que son rêve soit de " chauffer des avions au lieu de chauffer des fournaises ". Il commence à travailler sur les avions et se met à l'étude, apprend l'anglais (pas le choix, tous les manuels sont en anglais) et fait l'entretien sur les Norseman, Seabee, Anson, Canso, Stinson, Reliant, Beech 18, Husky, Beaver, Otter, Cub et Cessna. En 1958, il obtient sa licence A et en 1960, sa licence B et la générale. Il a été annoté sur 21 types d'avions. Il est allé récupérer des avions dans tous les coins de la province. À partir de 1960, il est contremaître d'atelier, jusqu'en 1992 où il prend sa retraite. | | BERTRAND THIBAULT | " J'ai adoré l'aviation, qui a toujours été le rêve de toute ma vie. J'ai volé par amour de ce métier. " Malheureusement, il ne peut être avec nous ce soir, MAIS il se fait toujours un plaisir de recevoir tous les amants de l'aviation (avec leur maîtresse de tôle, comme dirait Gaston Lepage) à l'hydrobase de Roberval sur les bords du lac Saint-Jean. Comme Obélix, il est tombé dedans quand il était petit. Il est natif de Lac-à-la-Tortue, berceau de l'aviation; son père, Wilfrid, est au Panthéon de l'air et de l'espace à Saint-Hubert. À 21 ans, il investit 2600 $ (pension comprise) et obtient sa licence privée et commerciale chez Laurentide Aviation. Il a eu une carrière de 26 400 heures " loggées " sur des Husky, Norseman, Canso, DC-3, Otter, Beaver et sur les Cessna du 140 au 310. M. Thibault a travaillé pour Mont-Laurier Aviation, Nordair, Bert-Air et Air Roberval dans des endroits comme Kuujjuaq, Schefferville, Frobisher Bay (aujourd'hui Iqaluit), Rimouski et Mont-Joli. | | VICTOR NORMANDIN. |
En lisant les histoires de quelques-uns de nos pionniers, je retrouve plusieurs points communs : j'oserais dire l'extrême humilité des travailleurs qui accomplissent une tâche avec professionnalisme, et l'étincelle de la passion et de l'amour du métier. Le pionnier suivant n'échappe pas à cette règle. Il a commencé à travailler à 15 ans et demi. Il le dit lui-même : " Mes ambitions de débutant étaient simples : apprendre à réussir. " Et il dit encore : " Je peux aujourd'hui affirmer avoir touché à plusieurs choses, mais mes plus belles années ont sincèrement été celles où j'ai touché à l'aviation. " Après 43 ans de service, voici son message : " S'il faut se rappeler une chose, c'est que j'ai toujours été heureux dans l'aviation. C'était ma vie. Je peux aujourd'hui dire que j'ai la satisfaction du travail bien accompli. " Il a été un de ces artisans qui, jour après jour, se sont assurés que " ça marche " : entretenir et réparer des monomoteurs, des bimoteurs, réparer des flotteurs ou des skis, faire la peinture, récupérer des avions partout au Québec (il l'a fait 39 fois). M. Normandin a travaillé 43 ans pour Bel Air Aviation et c'est avec plaisir que nous l'accueillons parmi nos pionniers. | VICTOR PETTIGREW
| Est-ce qu'on se rend compte de ce que l'on fait quand on amerrit sur un lac et qu'un jeune nous regarde? Il faut se rappeler que nous, les pilotes, nous sommes porteurs d'un virus extrêmement contagieux qui peut causer la passion et changer le cours d'une vie. Eh bien, ce n'était pas différent en 1942 quand un jeune homme de 16 ans, étudiant l'anglais au Nouveau-Brunswick, regardait les posés-décollés des avions de l'armée et rêvait de se voir pilote au lieu d'apprendre la langue de Shakespeare. Le rêve s'est réalisé en 1951 : il était pilote et avait décidé de faire sa vie dans l'aviation. De 1957 à 1970, il est contrôleur aérien à Québec. De 1970 à 1978, il est chef contrôleur à Saint-Honoré. Il continue de sillonner le ciel dans toutes les directions, dans je ne sais plus combien de machines différentes et apparemment pas toujours dans des conditions idéales… Tiens, tiens, est-ce que ça vous rappelle quelque chose? Au cours des années, il a toujours, avec plaisir, partagé son savoir et son expérience, et plusieurs jeunes pilotes doivent leurs ailes aux conseils de ce pionnier. Je vous parlais d'un virus contagieux… pas seulement contagieux mais incurable. Victor est âgé aujourd'hui de 75 ans et devinez un peu ce qu'il fait pour s'amuser. Eh bien oui, il pilote des avions!! | | Michel Pouliot | 
Notre prochain pionnier a un parcours tellement rempli que je vous demanderai d'aller consulter le texte complet de la présentation sur notre site Internet. Il est de Gaspé et il est d'abord pilote : chef pilote et pilote de ligne. Son carnet indique 30 000 heures de vol. Trente mille heures de vol, c'est presque rien. Écoutez le reste!! L'histoire commence à Cap-d'Espoir en 1931. En 1948, il obtient sa licence commerciale et en 1960, son ATL. Mais aussitôt ses études terminées, en 1951, il fonde Trans Gaspésien, qui deviendra Air Gaspé, qui plus tard, en 1974, sera vendue à Québecair. De P.D.G., il devient conseiller du président de Québecair. Ensuite, il est directeur général des Ailes du Nord, et un peu plus tard consultant chez Air Alma, Aéro Bonaventure et Région Air. En 1980, il est directeur de l'exploitation et des relations publiques chez Air Alma. En 1986, il est chef pilote et directeur de l'exploitation pour Les Ailes de Gaspé et, en même temps, il est P.D.G. des Ailes de l'Île, une société qui effectue à l'époque des vols nolisés entre Montréal et l'île d'Anticosti. Durant toutes ces années, notre invité a embauché et formé bon nombre de pilotes, dont le commandant Robert Piché, dont nous connaissons tous les exploits. Bon… une vie bien remplie. Bien non, il y a plus. M. Pouliot a aussi construit et géré les aéroports de Gaspé, de Murdochville et de Sainte-Anne-des-Monts. Les Gens de l'air lui ont rendu hommage en 2000, madame Adrienne Clarkson, Gouverneure générale du Canada, lui a donné une mention honorifique en 2002 et aujourd'hui, le VRAI trophée : celui de PIONNIER de l'APBQ!! | | Claude Laplante | 
C'est un pilote de loisir s'il en est un. Et ce n'est pas pour lui que l'homme a inventé la roue! Un pilote de la génération de Sainte-Thérèse (où on " loggait " les heures passées au restaurant!), il obtient sa licence en 1980. L'encre pas encore sèche sur son permis, il achète un C-172 sur roues et s'applique à faire mentir tout le monde : on peut être un vrai pilote de brousse sur roues. Il est tellement convaincant qu'il fonde avec un groupe d'amis l'Association des pilotes de brousse du Québec et qu'il en devient président en 1984. Mille cinq cents heures de flottes plus tard, c'est maintenant un C-185 qu'il pilote comme prétexte pour aller à la pêche… ou est-ce la pêche qui lui sert de prétexte pour voler? Il est un des pères fondateurs de l'APBQ et il est le seul membre du groupe original qui siège encore au conseil d'administration. Et c'est surtout de ça que je veux parler. Depuis 25 ans, il est présent à la table du conseil tous les mois. Il est le gardien de la tradition, il est notre balise de sagesse et il n'hésite jamais à nous rappeler à l'ordre, à nous rappeler ce qui a été fait; sa mission est de ne jamais nous laisser oublier que l'association existe pour servir ses membres. CLAUDE LAPLANTE est un vrai pilote de brousse dans toute sa simplicité, sa générosité et son dévouement constant.
| | JOHN DELLOW | Voici un pionnier qui a connu une carrière militaire de 1954 à 1967. Enrôlé dans la RCAF en 1953 à Québec, il suit le cours de mécanique générale à Borden en Ontario sur des bombardiers et sur des avions de reconnaissance et d'entraînement. En 1956, il commence à travailler sur les Beaver, DC-3, Harvard et Chipmunk. En 1958, au Manitoba, il travaille sur des T-33 et plus tard sur des F-86. En 1962, au Mississippi, il effectue des travaux classés " très secret ". Revenu au Canada, à Edgard en Ontario, il coordonne l'électronique avion à la station radar, puis il passe un an à Trenton où il fait de la mécanique. De retour au Québec, il séjourne à Morin Heights où il travaille à la haute surveillance militaire pour les transmissions. Mais tout ça n'est que le début, puisqu'en 1968 il se joint à l'équipe de Bel Air Aviation où il restera jusqu'en 2001, année où il prend une retraite bien méritée. | | GILLES FILIATREAULT | 
Il commence sa longue carrière en aviation par un séjour de type " tout inclus " de trois ans dans l'Armée de l'air à Gimli, au Manitoba, et ensuite à Borden en Ontario comme technicien en aéronautique. C'est à Borden qu'il réalise son rêve de " s'envoyer en l'air ". Il suit son cours de pilote privé. Après le " Club Med ", il retourne dans son Abitibi natale, où le seul travail qui l'attend est celui de camionneur. Sept ans, un mariage et un déménagement se passent avant que Gilles ne puisse revoir le dedans d'un avion. Le Chinook Flying Service l'engage comme technicien d'entretien d'aéronef; il y est connu sous le nom de Flying Frenchman. Gilles obtient sa licence de pilote commercial et devient également technicien en entretien licencié. En 1968, on le retrouve chez Fecteau Air Service comme chef pilote et mécanicien. Parce qu'on voit Gilles de la baie James à la baie d'Hudson, à Chibougamau, à Matagami et à Kuujjuaq avec son sac à outils sous le bras, on le surnomme " la Sœur volante ", toujours prêt à dépanner les " âmes en détresse ". En 1973, la petite famille se retrouve à Sainte-Thérèse, où il travaillera cinq ans sous la gouverne de Gilles Beauregard. Il fonde ensuite les entreprises qui portent son nom et se promène avec son " désordre mobile " de l'aéroport de Mascouche à la Marina Venise à la Rive-Sud près de Montréal. C'est en 1989 qu'apparaît Aviamax, la construction d'une base fixe à Saint-Mathieu-de-Belœil; Gilles, Carole, son épouse, Éric, l'employé de Gilles, Louise, sa fille, bâtissent l'entreprise en équipe. Il aura su transmettre sa passion et préparer sa relève. Ce pionnier est aussi un pilier de base de l'association. Il siège au conseil d'administration pendant plusieurs années. Bien avant la venue de nos représentants régionaux, il est l'ambassadeur de l'APBQ partout dans les régions; il est la personne-ressource par excellence parce qu'il connaît tout le monde, mais surtout parce qu'il est apprécié et aimé de tant d'aviateurs. Il a donné son argent et son temps à l'association. Il a donné sans compter, par pure générosité.
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| ENTREVUES AVEC LES ANCIENS PRÉSIDENTS par Gilles Lapierre Dans le cadre du 25e anniversaire de l’APBQ, nous avons voulu nous retremper dans l’histoire de notre association. À cette fin, nous présenterons des entrevues avec d’anciens présidents ou avec des membres qui ont influencé l’histoire de l’aviation récréative au Québec. Notre deuxième entrevue s’est déroulée le 13 janvier 2004, à la bijouterie Trottier. Nous rencontrions alors Claude Trottier, qui fut le premier président de notre association et qui a œuvré au sein du conseil d’administration pendant près de 20 ans. | Claude Trottier Ceux qui lisaient La Brousse dans les années 90 se souviennent peut-être de " Ti-Coune le Flyé ", qui signait une chronique régulière de potins, racontant avec beaucoup d’humour les événements de l’APBQ, de même que les faits et gestes des membres. En feuilletant mes vieillesBrousses, j’ai trouvé les chroniques de Ti-Coune le Flyé de 1990 jusqu’à 1997. Voilà un chroniqueur qui avait du souffle! Eh bien, Ti-Coune, c’était Claude Trottier, à qui le surnom est resté accolé jusqu’à aujourd’hui. C’est avec cette même verve que Claude m’a raconté les premières années de l’APBQ, alors que le petit groupe se rencontrait dans les hangars des Lacombe à Mascouche : " Au début, l’aspect social primait. On organisait des méchouis, des soirées de danse, des soupers de gibier et de poisson. On se réunissait en brousse, sur les bords du réservoir Gouin ou dans la région de Saint-Michel-des-Saints. On transportait tout en avion : bœuf, cochon, patates… et un peu de vin pour les passagers. Presque à chaque rendez-vous, il y avait concours de décollage court, d’amerrissage de précision ou de largage de bombes de farine. On avait même un violoneux officiel, Gus Larivière, de Saint-Ours, qui accompagnait les chants et les danses. " Claude faisait aussi partie de ces aventuriers qui allaient explorer les abords de la rivière George en J3 et en Super Cub, sans GPS, sans transpondeur, parfois même sans radio! Ils avaient leurs caches d’essence dissimulées en forêt. Comme les services météo de l’époque manquaient de précision, les excursions de trois jours se transformaient parfois en attentes de deux semaines. Mais quelles aventures de chasse et de pêche! Dans ce temps-là, les pêcheurs n’avaient pas besoin d’être menteurs (ou si peu…). On travaillait en équipe, et l’entraide n’était pas un luxe. Pour ceux qui ne voulaient pas s’aventurer aussi loin, il était toujours possible de se rencontrer au chalet de Claude, au lac Légaré (Saint-Michel-des-Saints). Ces visites impromptues se transformaient parfois en rendez-vous aériens spontanés. À propos, même s’il a lui-même cessé de piloter, Claude vous invite encore à amerrir à son chalet. Il est toujours content d’accueillir des membres de l’APBQ. Parlant d’APBQ, le bureau de Claude, à la bijouterie Armand Trottier, est presque un musée de notre association. J’y ai trouvé des photos et des documents d’époque encore plus nombreux qu’au bureau de l’association. J’y ai même trouvé des notes de vieilles assemblées générales annuelles qui m’ont forcé à changer l’ordre du jour de l’AGA de janvier 2004, puisque certaines résolutions que nous voulions soumettre au vote avaient déjà été approuvées par les membres au début des années 80. Claude est sans contredit l’un des meilleurs témoins de l’histoire du vol de brousse au Québec. Il a été et demeure un fier sympathisant de l’association. Il m’a demandé de transmettre ses félicitations aux membres du conseil et approuve entièrement notre volonté d’élargir notre liste de membres en adoptant notre nouveau nom " Aviateurs et pilotes de brousse du Québec ". Merci, Claude, de ton encouragement et de ce trop bref moment passé à t’entendre communiquer ton enthousiasme et évoquer l’histoire. | | Rémi Gagnon Les anciens présidents se racontent… Propos recueillis par Gilles Lapierre et Bernard Gervais. Rencontre avec Rémi Gagnon et Suzanne Turcotte. Dès l’entrée de jeu, disons que l’aéroport de Mascouche est responsable pour la destinée de ces deux tourtereaux. Voyons un peu comment nous en arrivons là… Rémi obtient sa licence de pilote privé en 1976. Pour faire son cours (à Ste-Thérèse), il achète son premier avion. Il a aussi suivi son cours de nuit pendant lequel il faisait ses atterrissages une roue dans la boue, une roue sur l’asphalte pour se ralentir et ne pas dépasser le seuil de piste! Nous n’avons malheureusement pas trouvé cette méthode dans le manuel de théorie de vol pour mieux vous la décrire, mais enfin... Au cours des vingt-cinq années suivantes, il en possédera au moins 8, (un C-150, un Aztec, un C-185, etc.) jusqu’à son C-172 vendu en août 2003. Pilote de brousse par excellence, il possède environ 3500 heures dont certainement 3250 sur flotteurs. C’est presqu’au tout début de l’APBQ qu’il se joint à notre association. Approché par André Martel pour siéger au conseil, il accepte volontiers. Il restera donc un bénévole actif pour au moins les vingt prochaines années, passant par toutes les tâches, jusqu’à être président pendant quelques années en 1992, 1993 et 1994. Pendant son mandat de président, l’APBQ voit la première page de La Brousse adopter la couleur; - on voit aussi le nombre de membres passer de 300 à 600 membres;
- les renouvellements se produisent maintenant aux dates d’abonnement et non plus seulement en janvier;
- plus de rencontres régionales ont pour but d’exposer les services offerts aux membres de l’APBQ;
- recrudescence des événements sociaux et surtout, du souper aux homards annuel
- déménagement du bureau de l’APBQ de chez Boisvert Aviation au stade olympique.
Et pendant ce temps aussi, Suzanne est une directrice active au sein de l’APBQ. En fait, elle en fait partie depuis 1986 et ce, à différents niveaux. Plusieurs années auparavant, Suzanne s’était perdue pour se retrouver dans le stationnement de l’aéroport de Mascouche. Intriguée par ce destin, quelques jours plus tard, elle débutait ses cours de pilotage. Certains se souviendront d’un voyage aux Bahamas, justement organisé par Suzanne. Elle avait fait un merveilleux travail de préparer le tout pour tous les pilotes mais un malheureux contretemps ne lui a pas permis de rejoindre ses amis (dont Rémi en Aztec) à toutes les étapes. Le " centre de contrôle " de ce vol se trouvait alors à la Marina Venise où tout le monde se rapporte pour décrire l’avancement et les déposer son itinéraire. Suzanne s’y rapporte et mentionne qu’ayant manqué la première étape, elle se rendra à la deuxième, Orlando en Floride, par vol commercial. Elle fut accueillie, à sa grande surprise, par ses amis de l’APBQ : inutile de dire que c’est la fête! Une fois aux Bahamas, c’est encore la fête, puisqu’ils sont rendus à destination. Et avant le retour, c’est la fête parce qu’on revient à la maison! Je pense qu’on avait à faire avec de bons vivants lors de ce voyage! Sans compter que Suzanne revient de là dans l’avion de Claude Laplante, un autre bon vivant. Plusieurs années plus tard nos deux copains se retrouvent à Mascouche. Quoi de mieux que de terminer une belle journée avec un souper? Suzanne invite donc Rémi et depuis ce temps, leurs chemins (et leurs plans de vol) ne se séparent plus. C’est alors que Suzanne, avec son C-150, a du s’adapter (rapidement, dit-elle) à un C-185. Ils ont convenu de tout faire à deux et de se partager les tâches, comme les vols. Un pilote à l’aller, l’autre au retour. Ils ont éventuellement été responsables du restaurant chez Aéro-Taxi à St-Hubert. Pendant plusieurs années, nos joyeux lurons ont organisé de nombreuses soirées sociales pour l’APBQ, surtout les souper aux homards et encans qui furent de francs succès! Lors d’une de ces soirées, à laquelle assistaient aussi des pilotes européens qui avaient traversé l’Atlantique lors d’un rallye aérien, ils ont vendu une épinglette de l’APBQ à 250$! Par sa formation en électronique, Rémi s’intéresse vivement aux télécommunications. Il enseigne la radio amateur à divers groupes et Suzanne le suit à certaines soirées. Un des groupes est composé de gens qui veulent utiliser la radio amateur lors de voyages en bateau. Rémi et Suzanne assistent ainsi à quelques soirées où on présente les voyages de ces " pilotes aquatiques ". Et oh!, ils commencent à se voir à filer à 5 noeuds au lieu de 125… Graduellement ils n’y vont plus pour la radio amateur mais pour les copains qu’ils se sont faits. Et ils se voient de plus en plus sur un bateau. Ne voulant rien presser, ils décident alors de parler que leur 172 serait à vendre. Le destin fait qu’il est vendu deux semaines plus tard, au prix demandé. Rémi va le mener à Mont-Laurier et c’est son dernier vol de brousse, au ras des épinettes. Que faire maintenant? Chercher un bateau. Et suivre les cours de voile et de navigation, à Tadoussac. Suzanne et Rémi partent alors à la recherche du bateau, qu’ils trouvent à la fin de 2003. Un beau de 34 pieds, capable de les emmener voguer pour longtemps. Tout au long de leur voyage, vous pourrez suivre Rémi et Suzanne grâce à leur radio amateur. Plusieurs sites existent pour trouver les stations comme par exemple, http://www.techstud.com/aprs/index.asp. Vous n’aurez qu’à entrer leurs stations et voir où ils se trouvent sur la carte fournie, VA2REM pour Rémi et VE2SUT pour Suzanne. Il ne reste que quelques jours avant leur départ, le 15 juin. Suzanne a cessé de travailler le 30 avril et Rémi arrête bientôt, une fois de plus. Pour combien de temps? Ils partent vers La Baie puis vers la Gaspésie et les maritimes. Mais le plus beau de ce voyage vous savez ce que c’est? C’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils feront après les trois premiers mois. Revenir, y rester ou continuer plus loin? Ils n’ont aucune restriction et l’essence, à voile, ne coûte rien. Liberté totale, aucune attente et aucune obligation. Ça vous fait rêver? Regardez vers l’Est, pensez à eux et souhaitez-leur des vents favorables et surtout, du bonheur. | | | Léo LaPalme La dernière Brousse de 1996 comptait 36 pages, et seulement les pages couvertures extérieures étaient en couleurs. À la fin de son mandat, elle comptait 64 pages, dont 32 aux couleurs vives. Voilà une illustration claire du dynamisme de Léo La Palme, qui consacra son énergie et ses talents de vendeur à développer notre revue à une dimension et une qualité comparables à celles des prestigieuses associations américaines aux moyens beaucoup plus importants. C’est Léo qui négocia avec succès l’entente de carte-affinité avec le Mouvement Desjardins, accompagnée d’un programme de publicité pleine-page dans La Brousse. Cette publicité de prestige en entraîna d’autres, ce qui permit d ‘investir dans l’amélioration de la revue. La série des tests en vol qui se continue encore aujourd’hui commença durant cette période. La revue La Brousse devint un objet de fierté qui moussait le sens de l’appartenance de nos membres. De plus, Léo avait à cœur de doter l’APBQ d’un pignon sur rue. Il présida au déménagement des bureaux de notre association au Stade Olympique, au cœur d’un complexe où logent plusieurs organismes de loisir et les services qu’ils utilisent. Ce voisinage fut bénéfique pour le progrès de l’APBQ, et combiné à la nouvelle visibilité de La Brousse, contribua à l’essor que connut alors l’association, passant allégrement le cap des 1000 membres. Pour recueillir des fonds, l’association organisait à chaque année des tours de ville à partir de la base de Boisvert & Fils Aviation. Léo dût malheureusement mettre fin à cette pratique, à cause des risques qu’elle entraînait. Pour compenser, il lança un programme de tirages annuels et moussa l’encan annuel du souper de homard, avec l’aide d’un autre ancien président, Rémi Gagnon. Le conseil d’administration d’alors dépensa beaucoup d’efforts à tenter de mettre sur pied un programme d’assurance pour les avions des membres. Ces efforts ne connurent pas alors de succès, les compagnies d’assurances montrant très peu de flexibilité, surtout auprès d’une association de pilotes de brousse. Léo espère que l’APBQ continuera cet effort. Qui sait? Avec l’augmentation du nombre de membres et l’addition d’un grand nombre de pilotes sur roues, " Aviateurs et pilotes de brousse du Québec " réussira-t-elle peut-être plus loin ce dossier. Comme pilote, Léo était un fervent promoteur des flotteurs amphibies, qui permettent l’avitaillement dans un grand nombre d’aéroports. Si le nombre d’hydrobases continue à fléchir, l’avenir lui donnera peut-être raison. Il a cessé de piloter il y a quelques années, mais il demeure intéressé au monde de l’aviation de loisir et de la brousse. Nous espérons toujours le revoir dans le ciel du Québec. Encore merci, Léo, pour le nouveau souffle que tu as donné à l’APBQ; nous le ressentons encore aujourd’hui comme une motivation à continuer notre progrès. | |